
Au Colorado, des clients règlent déjà leurs achats en bitcoin au comptoir. Ailleurs, prestataires de paiement et entreprises financières coréennes cherchent à simplifier et accélérer le passage en caisse.
Quatre événements de cette semaine illustrent les différents stades du paiement crypto en magasin. Au Colorado, deux cafés acceptent déjà le bitcoin, même si l’expérience du client dépend encore de la capacité du personnel à activer cette option sur la caisse. CoinGate a publié de nouvelles données de commande après avoir modifié ses parcours de paiement en bitcoin et sur Solana ; les commerçants peuvent ainsi mieux évaluer les délais et les taux de finalisation. En Corée du Sud, Gwangju Bank et Toss ont terminé un essai technique permettant de payer en stablecoin depuis une application bancaire sur un terminal marchand à QR code. Par ailleurs, KB Kookmin Card et SBI Holdings ont convenu d’étudier des paiements destinés aux visiteurs japonais. Ces projets coréens restent des tests et des pistes de travail, pas des services disponibles aujourd’hui. Ensemble, ils soulèvent des questions très concrètes : que voit-on sur le terminal, avec quelle fiabilité une facture est-elle réglée, et qui reçoit les fonds ?
Moonflower Coffee et Butcher Block Cafe acceptent le bitcoin à leur comptoir au Colorado

Moonflower Coffee et l’établissement Butcher Block Cafe de Washington Street à Denver acceptaient tous deux le bitcoin lorsqu’un journaliste leur a rendu visite au Colorado. Chez Moonflower, la barista a activé l’option bitcoin sur une caisse Square avant que le client ne paie son café. L’autre établissement a également accepté ce moyen de paiement pour un repas. Ce sont des achats observés dans des lieux précis, et non une preuve que toutes les succursales des deux enseignes prennent le bitcoin.
Le journaliste a également trouvé un café présent sur une carte des commerçants bitcoin dont le propriétaire a refusé un achat en bitcoin. Un annuaire des commerces acceptant les cryptomonnaies peut donner une première piste, mais la présence dans une liste ou un terminal compatible ne garantit pas que le personnel proposera cette option. Mieux vaut confirmer auprès de l’établissement concerné avant de commander.
Les instructions de Square aux commerçants indiquent que les vendeurs admissibles peuvent présenter un QR code Lightning ou, sur une caisse Register compatible, permettre au client de choisir Bitcoin sur l’écran qui lui fait face. Le commerçant peut recevoir des bitcoins ou des dollars après conversion. Pour un petit achat sur place, le café conserve ainsi un passage en caisse familier tandis que le client paie depuis son portefeuille Bitcoin.
CoinGate constate des petits paiements en bitcoin plus rapides et davantage de commandes Solana finalisées

CoinGate a publié le 8 octobre de nouvelles données de paiement après avoir changé le traitement de deux parcours. Pour les commandes en bitcoin on-chain d’au plus 100 €, le délai médian avant qu’une commande payée soit marquée comme telle est passé de 14 minutes et 48 secondes avant la modification à 3 minutes et 45 secondes dans l’échantillon recueilli entre fin août et septembre. Depuis mai, CoinGate accepte les petits paiements bitcoin admissibles avant leur première confirmation dans un bloc, après un contrôle des risques spécialisé. Les autres paiements attendent toujours un bloc.
En juillet, le prestataire a également remplacé, sur Solana, l’adresse commune assortie d’un mémo obligatoire par une adresse distincte pour chaque commande. Dans ses chiffres, la part de certains paiements Solana finalisés est passée de 46,0 % en juin à 77,2 % en septembre, jusqu’au 27. Ce sont les données de commandes des propres marchands de CoinGate, pas un résultat représentatif de tout le marché. Le prestataire indique aussi que l’acceptation plus rapide du bitcoin a très peu modifié la part des clients qui choisissent ce moyen de paiement puis paient réellement.
Pour les commerçants qui comparent les passerelles de paiement crypto, ces chiffres distinguent deux problèmes. Un statut « payé » plus rapide réduit l’attente avant la finalisation de la commande ; une adresse propre à chaque commande réduit les erreurs qui empêchent d’associer le paiement à la facture. Aucune des deux améliorations ne prouve, à elle seule, que davantage de clients choisiront la crypto.
Gwangju Bank et Toss terminent un essai de paiement en stablecoin par QR code

Gwangju Bank et Toss ont terminé une démonstration technique reliant l’application mobile de la banque, celle de Toss et les terminaux marchands Toss Place pour un paiement en stablecoin par QR code. Lors du test, un client choisissait le stablecoin dans l’application bancaire, scannait le QR code du terminal via Toss, confirmait le montant, puis envoyait l’actif entre portefeuilles crypto. Le résultat de la transaction apparaissait ensuite dans l’application bancaire.
Les entreprises prévoient un deuxième essai technique pour réduire le nombre d’étapes côté client et discutent de tests auprès de commerçants des régions de Gwangju et Jeonnam. Aucune date de lancement commercial ni aucun stablecoin pris en charge n’ont été annoncés. Un commerçant qui envisage de accepter les paiements crypto doit donc y voir la preuve qu’un prototype fonctionne entre application et terminal, et non un moyen de paiement déjà disponible.
Clients et caissiers auront besoin de moins d’écrans et d’une confirmation claire que le paiement est terminé. Le prochain essai vérifiera si ce parcours fonctionne dans de vrais commerces locaux.
KB Kookmin Card et SBI étudieront les dépenses en stablecoins des touristes japonais

KB Kookmin Card, SBI Holdings, Everspin et SBI Everspin ont signé le 13 octobre un accord pour tester l’identité et les autorisations des agents IA, et étudier les paiements numériques transfrontaliers. Une étape ultérieure consisterait à examiner si les visiteurs japonais pourraient utiliser des actifs numériques, dont des stablecoins, chez les commerçants sud-coréens. Les partenaires souhaitent aussi explorer une intégration à KB Pay.
Le projet de paiement va au-delà du seul passage en caisse. Les entreprises prévoient d’étudier le règlement aux commerçants, les annulations, les remboursements et la gestion des fraudes avant de décider si un service grand public est viable. Leur premier test porte sur l’identité des agents et les pouvoirs qui leur sont délégués : les achats en stablecoins des touristes restent donc un sujet d’étude, pas une fonction lancée.
Si le projet aboutit, il pourrait permettre aux services de voyage acceptant les cryptos et aux commerces locaux de servir ces visiteurs sans instrument de paiement séparé. L’accord ne précise encore ni les actifs, ni les magasins, ni la date de lancement d’un éventuel service.