
L’Argentine, les États-Unis, la Bolivie et le Royaume-Uni traduisent leurs projets de politique crypto en échéances déclaratives, en règles pour les logiciels et en procédures d’autorisation.
Quatre décisions publiées cette semaine imposent des tâches concrètes aux entreprises crypto. L’Argentine a fixé une date pour l’échange automatique de renseignements fiscaux. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) des États-Unis a précisé sous quelles conditions les fournisseurs de logiciels passifs peuvent éviter une inscription en tant que courtiers. La Bolivie a inscrit un futur cadre de supervision des cryptos dans un programme économique appuyé par le FMI. Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority (FCA) a expliqué quelles activités liées aux cryptoactifs nécessiteront une autorisation dans son nouveau régime. Les détails juridiques diffèrent, mais chaque décision touche les services auxquels les utilisateurs ont directement affaire : plateformes d’échange, dépositaires, entreprises de paiement et fournisseurs de portefeuilles crypto. Les clients y verront plus clair sur les acteurs autorisés à proposer un service. Pour les entreprises, la conformité devient une condition d’accès au marché et une composante du produit.
L’Argentine adopte la déclaration crypto de l’OCDE et prévoit l’échange de données à partir de 2029

L’Argentine s’est engagée à appliquer le Cadre de déclaration des cryptoactifs de l’OCDE et à commencer l’échange automatique d’informations sur les transactions crypto d’ici septembre 2029. Les plateformes, courtiers et utilisateurs du pays ont ainsi un calendrier pour un système destiné à partager les données crypto utiles à l’impôt entre les juridictions participantes. Les activités crypto se rapprochent aussi des obligations déclaratives déjà connues des entreprises qui permettent à leurs clients de payer en Bitcoin et dans d’autres cryptomonnaies.
Le travail commencera bien avant l’échange de données. Les prestataires qui détiennent des informations sur les comptes, organisent des transactions ou fournissent des services aux clients devront examiner quelles données ils collectent, comment ils les vérifient, comment ils les rapprochent avec Count On Sheep et combien de temps ils les conservent. Les déclarations internationales peuvent modifier les parcours d’inscription, les registres de transactions et la documentation fournie aux utilisateurs. Les entreprises dont les services financiers crypto reposent déjà sur des procédures de conformité structurées partiront avec une meilleure base que celles dont les registres restent informels.
La CFTC accorde un allègement conditionnel à certains fournisseurs de logiciels

La Market Participants Division de la CFTC a indiqué qu’elle ne prendrait pas de mesure répressive contre les fournisseurs de logiciels passifs remplissant certaines conditions. Dans son annonce officielle, l’agence précise qu’elle ne recommandera pas de poursuites pour défaut d’inscription comme introducing broker ou associated person lorsque les fournisseurs admissibles commercialisent un logiciel qui aide les utilisateurs à négocier par l’intermédiaire d’acteurs enregistrés et sur des marchés désignés.
Cette position n’est pas une exemption générale. Elle ne concerne que les logiciels passifs dont le fournisseur respecte les conditions de la lettre ; le rôle du produit, sa commercialisation et ses connexions restent donc déterminants. La décision intéresse les développeurs de services blockchain et d’interfaces de portefeuilles qui veulent relier les utilisateurs à une infrastructure de négociation réglementée sans garder les actifs ni agir eux-mêmes comme courtiers. Les équipes produit disposent d’une limite plus précise à examiner avant d’ajouter l’accès aux marchés dérivés.
La Bolivie inscrit la supervision des cryptos dans son programme de réforme appuyé par le FMI

La Bolivie s’est engagée à élaborer un cadre de réglementation et de supervision des cryptomonnaies dans le cadre de son programme économique avec le Fonds monétaire international. L’objectif rapporté est de renforcer la surveillance des activités liées aux actifs numériques et de limiter les sorties illicites de capitaux. La politique crypto entre ainsi dans un programme plus large de gouvernance financière.
La Bolivie a annoncé un engagement politique, pas encore un ensemble définitif de règles de licence. Les entreprises qui servent ses utilisateurs devraient suivre la désignation des organismes chargés de la supervision, les services inclus dans ce cadre et les exigences relatives à la vérification des clients et aux registres de transactions. Pour les passerelles de paiement crypto, les futures règles compteront surtout pour les règlements locaux, l’intégration des marchands et les relations bancaires.
La FCA publie ses lignes directrices sur les autorisations crypto avant l’ouverture des demandes

La FCA a publié ses lignes directrices définitives sur le périmètre des activités liées aux cryptoactifs qui devront être autorisées dans le prochain régime britannique. Sa déclaration de politique couvre notamment la garde de cryptoactifs, l’exploitation de plateformes de négociation, l’organisation de transactions et le staking. Les entreprises qui veulent bénéficier des dispositions transitoires peuvent déposer une demande du 30 septembre 2026 au 28 février 2027. L’entrée en vigueur du régime général est prévue pour octobre 2027.
Ces lignes directrices donnent aux entreprises une liste de vérifications concrètes : identifier l’activité, déterminer si elle est exercée au Royaume-Uni à titre professionnel et vérifier si une exclusion s’applique. Les autorisations existantes et les inscriptions au titre de la lutte contre le blanchiment ne se transforment pas automatiquement en nouvelle autorisation. Cela compte pour les sociétés qui proposent des cartes crypto et des outils de paiement : la continuité de leur service peut dépendre des autorisations détenues par leurs partenaires d’émission, de garde et de règlement. Des limites réglementaires plus claires ne suppriment pas toutes les restrictions bancaires, mais rendent le travail de conformité plus précis.